Biographie Courte - 2006-03-16

BIOGRAPHIE Né à Mons ( Belgique) en 1960, Carl Norac est le fils d’un écrivain et d’une comédienne. Il a grandi d’abord dans une cité populaire en ville, entouré de ses copains avec lesquels il(...)

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BIOGRAPHIE
Né à Mons ( Belgique) en 1960, Carl Norac est le fils d’un écrivain et d’une comédienne. Il a grandi d’abord dans une cité populaire en ville, entouré de ses copains avec lesquels il rejoue les aventures écrites par Enid Blyton. Ensuite, son père construit un chalet et la famille part vivre au milieu d’une forêt. Ses albums pour enfants sont inspirés parfois de ces voyages qui l’ont emmené du sable du désert aux glaces de l’Arctique. Carl Norac a alors pratiqué plusieurs métiers: professeur de français, scénariste pour la télévision, journaliste... avant de se consacrer totalement à sa passion: écrire. Auteur de poésie et de théâtre, Carl Norac a aussi écrit des livres pour enfants. Depuis quelques années, Carl Norac réside en France, à Olivet, sur les bords d’un grand fleuve, la Loire. Il est le père d’une petite fée du nom d’Else.

LIVRES POUR ENFANTS
Carl Norac a publié plus de soixante livres pour enfants, essentiellement aux Editions Pastel. Certains de ses livres, comme “Les mots doux” ( “I love you so much”) ont eu du succès dans le monde entier.. Ses premières éditions datent de 1986. Il publie alors son premier conte “ Bon appétit, Monsieur Logre”, illustré par Marie-José Sacré. Ce livre est un déjà un succès et reçoit un prix à Bologne. Il publie ensuite chez Casterman, avant de rejoindre Pastel- Ecole des Loisirs, un éditeur pour lequel il a écrit plus d’une trentaine d’albums. Des traductions de ses livres existent en 39 langues. Plusieurs prix lui ont été attribués, notamment le Prix des bibliothèques de France. Son écriture pour enfants aborde trois domaines: des récits de voyage pour les enfants plus grands, des écrits pour les petits où l’affectivité et l’humour sont toujours présents et des poèmes où l’auteur développe son goût du nonsense, inspiré d’un de ses poètes préférés, Edward Lear. Carl Norac a écrit aussi du théâtre pour enfants, principalement pour marionnettes. Il a composé aussi un texte pour “Le Carnaval des animaux” de Saint-Saëns qui a été créé avec succès à la Monnaie, l’Opéra national belge, en 1999. Il écrit aussi directement en anglais des livres pour Macmillan à Londres.

POESIE
Si, en France et en Belgique, Carl Norac est reconnu comme écrivain pour enfants, il est aussi et même avant tout un poète. Il a publié quelques livres de poésie , essentiellement à Paris, Aux Editions de la Différence, à ce jour traduits en cinq langues. Alain Bosquet, dans le Figaro, a parlé d’une “promesse majeure” pour la poésie française. “Voltaire se réconcilie avec Rimbaud” dira Pierre Mertens dans le Soir. Il est un des poètes de la Génération 58 et, à ce titre, sa poésie est représentée en Belgique et à l’étranger dans les diverses anthologies de l’histoire de la poésie en Belgique et en France.

Biographie Longue - 2006-03-17

1960 Naissance à Mons ( Belgique ), le 29 juin. Il est fils d’un poète, Pierre Coran et d’une comédienne, Irène Coran. En naissant, il oublie de crier, ce qui lui cause une pr(...)

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1960 Naissance à Mons ( Belgique ), le 29 juin. Il est fils d’un poète, Pierre Coran et d’une comédienne, Irène Coran. En naissant, il oublie de crier, ce qui lui cause une première nuit de questionnements sur le sens de la vie et du souffle. Carl ne vit que quelques heures la Belgique comme un empire colonial.
Le 30 juin est proclamée l’Indépendance du Congo. Le bébé en paraît soulagé. Il commence à respirer.


1960-1968 Enfance dans une cité populaire. Invention d’engins volants ( le fameux vélo
planeur, jamais breveté ) et jeux dans le parc ( le renard de sa grand-mère, un peu trafiqué, lui servant de couvre-chef ). Son imitation incessante du clown suisse Grock finit par le faire écarter de sa première école. Parallèlement, il commence une revue dont il est le seul auteur, dessinateur et lecteur.


1968 Ses parents déménagent pour Erbisoeul, petit village dans une forêt du Hainaut. Carl invente, au fil des sentiers, ses premières histoires. Cabanes improvisées. Amitié des arbres.


1972-1978 Journaux intimes, sous forme de poèmes. Lecture de Rimbaud. Fascination de Michaux. Carl écoute Bowie, Lou Reed. Fin du flower power. Amour vrai. Etudes chaotiques à Liège, ville de coeur.


1979 Premier prix littéraire, pour un poème inspiré par Gérard de Nerval.


1982 Devient professeur de français, niveau collège. Le restera deux ans à peine. Avant de rejoindre les chemins du monde.


1984- 1990 Intense période de voyages, de vagabondages des chaleurs de l’Asie aux glaces de l’Arctique. Quelques galères et des bateaux de papiers encore invisibles. Scénariste furtif, journaliste improvisé, chômeur baladin, documentaliste volatile, écrivain public. Fascination de l’Inde dont la beauté, l’étrangeté le rendent muet. Vie à Mons, quartier chaud.


1986 Premiers livres publiés pour la jeunesse, grâce à la complicité d’une illustratrice belge, Marie-José Sacré. Son premier album est primé au Festival International de Bologne.


1990 Premier recueil important : Le maintien du désordre, remarqué par Liliane Wouters et qui reçoit le Prix Robert Goffin, en partage avec Caroline Lamarche qui deviendra une amie.


1992 Rencontre avec le poète Alain Bosquet dont l’aide et l’amitié lui seront précieuses.
Une correspondance commence, placée sous la bannière de l’humour distancié.


1993 Voit la mort de près, lors d’une éruption du Krakatau ( Indonésie ) où il se trouve avec son meilleur ami Philippe Delporte, géologue. Cet événement lui inspirera notamment Nemo et le volcan pour lequel son illustrateur, Louis Joos, recevra la Pomme d’Or, le prix européen d’illustration. Sa poésie est primée dans son pays, par l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.


1994 Rencontre déterminante avec Christiane Germain, directrice de Pastel à L’Ecole des Loisirs. Conseils précieux. De cette complicité naîtront plus de trente livres en dix ans.
Parution de Dimanche aux Hespérides, Editions de la Différence.


1995 Premières lectures dans les théâtres de Flandre. Passion non réfrénée pour cet autre visage de la Belgique. Rencontre et début d’amitié avec l’écrivain flamand Hugo Claus, qui était jusqu’alors son maître invisible.


1996 Parution chez Pastel de son livre Les mots doux qui devient un best-seller aux Etats-Unis ( Doubleday Random House ) et dans le monde entier. Devient Professeur de littérature au Conservatoire Royal de Mons, une des trois écoles nationales de théâtre belges. Cours dans des universités étrangères, Louisiane, Angleterre, Finlande.


1997 Long séjour à Montréal, ville avec laquelle il tombe « en amour », comme en témoigne son Carnet de Montréal qui paraît aux Editions du Noroît ( Québec ).


1999 Une rencontre amoureuse. Quitte la Belgique, comme on ôte sans aigreur de la neige de ses épaules. Se sent plus belge dès qu’ il s’absente. Dans le métro de Paris, s’amuse à faire des portraits des dames au hasard de la rame - un livre paraîtra en 2003, aux Editions de l’Escampette : Métropolitaines. Eloge de la patience, Editions de la Différence. Création à la Monnaie, opéra national belge, du Carnaval des animaux. Débuts au théâtre. Déménagement vers la France. Naissance d’Else, sa petite fille-fée, le 10 novembre.


2000-2005 Intense période d’écriture pour la jeunesse et de rencontres. Traductions diverses ( 39 langues à ce jour, dont le papiamentu, créole de Curaçao ). Mieux qu’un passeport. Lectures de poésie dans l’espace ouvert de l’Europe. Se met à écrire aussi en anglais. Le rêve d’adolescent, celui de vivre de sa plume, lui donne des ailes d’oiseaux.
Il ne souhaite toujours pas redescendre.



Juste avant les vingt ans d'écriture :


Avril 2005 Carl Norac est nommé, avec Jacques de Decker, ambassadeur d'Andersen pour la Belgique par la Reine du Danemark. Il représente son pays lors des cérémonies du bicentenaire à Copenhague et Odense. Etrange rendez-vous où il croise aussi bien l'allemand Gunter Grass que l'anglais... Roger Moore. A la suite, conférences de l'auteur à Saint-Malo sur Andersen dans le cadre d'Etonnants voyageurs.


Octobre 2005 Cari Norac a été choisi parmi les sept écrivains européens de l'opération « Lire en fête » à Paris, (avec Jean Echenoz, Claudio Magris, Enrique Vila-Matas, Antonio Lobo Antunes, Milan Kundera). La place Saint-Germain-des-Prés est investie par ce projet intitulé « Lire l'Europe ». Marie Christine Barrault lit des fragments de Métropolitaines, de Cari Norac (Editions L'Escampette).Pendant un mois, des extraits de ses textes sont affichés dans les médaillons des rames du métro parisien. Beau destin pour ces textes écrits dans l'anonymat des mêmes rames.


Novembre 2005 Lecture spectacle du texte inédit « Le sentiment de l'Inde » à la Bellone, la Maison du spectacle, à Bruxelles. Mise en scène : Claire Gatineau. Création musicale : Michael Grebil.


Décembre 2005 Enregistrement du texte « Monsieur Satie, l'homme qui avait un petit piano dans la tête » par le comédien François More! (Editions Didier Jeunesse). Elodie Nouhen en termine les illustrations. « And that's not all Folks ! », comme aurait dit aussi Monsieur Tex Avery.

Interview de Carl Norac par le poète Jean-Pierre Verheggen - 2006-03-16

Extrait de « Littérature au présent », Editions de la Maison d’à côté, 2005 Jean-Pierre Verheggen : « La maison Norac, poètes de père en fils depui(...)

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Extrait de « Littérature au présent », Editions de la Maison d’à côté, 2005


Jean-Pierre Verheggen : « La maison Norac, poètes de père en fils depuis 1934 », on peut dire ça ?

Carl Norac : C’est une phrase que je mets maintenant dans mes biographies, une façon de célébrer la naissance de mon père, Pierre Coran.

J.-P. V. : D’où l’anagramme que vous avez choisie entre votre nom Norac et celui de votre père.

C. N. : Voilà, un jour, j’ai fait peut-être cette bêtise de mélanger les lettres du pseudonyme de mon père, qui lui-même a emprunté le nom du héros du premier polar qu’il a écrit, héros qu’il a trucidé à la fin de son roman, lui laissant endosser un peu son identité. Et moi un jour je me suis mis, par amour des mots, à essayer de mélanger les lettres. J’aurais pu tomber sur des choses plus étranges.

J.-P. V. : Vous avez dit même, avec ce qui vous caractérise, que ça aurait pu donner « conar » sans d.

C. N. : Oui ou « Arnoc »., façon mage breton.

J.-P. V. : « Arnoc » ou « Caron », comme Leslie, la nageuse.

C. N. : C’est aussi le nom de Beaumarchais ! Mais, Norac, c’est un nom qui n’a pas beaucoup de connotations.

J.-P. V. : Si, ça fait penser qu’on pourrait publier aux éditions du Noroît, le grand éditeur du Québec par exemple. On aurait pas de Norac.

C. N. : J’ai écrit un Carnet de Montréal publié dans cette maison.

J.-P. V. : Et j’ai pensé, quand je l’ai lu aux éditions du Norac, à un livre de Carl Noroît. On pourrait dire ça aussi. Alors oui justement, Pierre Coran, un mot.

C. N. : Mon père a toujours écrit de la poésie. Quand j’étais tout petit, ce qui me fascinait dans l’écriture que je ne pouvais pas encore lire, c’était le geste. Mon père est quelqu’un qui a une très belle écriture et qui écrit très patiemment, donc moi je l’observais.

J.-P. V. : Il y a un graphe, vous voulez dire ?

C. N. : Voilà, j’observais la main qui écrit avant même que le langage puisse naître en moi et je pense que c’est comme ça que j’ai voulu devenir écrivain, d’abord en regardant ce geste-là.

J.-P. V. : Pour être comme papa, quoi ?

C. N. : Oui, il y avait de ça, puisqu’il a une large épaule sur laquelle j’essayais de monter pour voir ce qu’il écrivait, sachant qu’il inventait déjà de la poésie pour la jeunesse et qu’il aimait bien m’envoyer un peu promener, en me disant : « J’écris. Va faire un tour ». J’allais faire un tour, peut-être déjà pour inventer mes premiers poèmes. Le fait est aussi que j’ai vécu dans une cité populaire la moitié de l’enfance et ensuite, mes parents ont eu l’idée d’aller habiter au milieu d’une forêt. Et là, en tant que fils unique, j’avais besoin de combler une sorte de vide et les mots sont arrivés à point nommé.

J.-P. V. : Vous faites aussi de la littérature pour la jeunesse, ce qui n’est pas quelque chose d’alimentaire seulement, qui est vraiment un goût pour le faire. Qu’est-ce que c’est : faire de la littérature pour la jeunesse et en quoi cela vous différencie de celle de votre père, par exemple ?

C. N. : Nous avons toujours été assez différents dans la mesure où il a écrit plutôt de la prose pour adultes et de la poésie pour enfants. Moi, c’est l’inverse : de la poésie pour adultes et de la prose pour les enfants, donc ce sont un peu des écritures croisées. Mais personnellement, je n’ai jamais vraiment séparé les deux domaines : étant donné que j’ai écrit des textes pour les albums, qui sont très courts, il y a un peu la même impulsion que dans un poème. On a l’impression qu’une petite partie vous est donnée et que c’est un mouvement assez rapide, un petit mouvement chorégraphique et fuyant. Et quand j’écris pour les enfants, ça naît à peu près de la même manière qu’en poésie, sinon que le poème est plus nocturne et le conte plus diurne. Mais sinon je ne fais pas vraiment de séparation et j’essaie d’ailleurs actuellement de rapprocher peu à peu ma poésie de mes livres pour enfants, c’est-à-dire en la simplifiant, et d’autre part d’approfondir un petit peu ce que je peux essayer de transmettre aux enfants.

J.-P. V. : Je vous citerai tantôt comme poète : « Je sais poète, il faut sabrer, chercher le cœur de l’artichaut ou de la perle ». Sabrer, hein ? Revenons à ce sabrage, justement : comment ça se passe concrètement ? On remet quelques pages à un éditeur et puis un illustrateur intervient, qui choisit ce texte-là pour y mettre ses dessins, ses aquarelles peut-être, que sais-je ? Comme ça se passe ?

C. N. : J’ai de la chance. Chez Pastel, à l’École des Loisirs, c’est un des seules maisons qui permet, avec l’accord de l’éditrice, de choisir son illustrateur. Donc je peux rêver mon texte dans le style d’un artiste. Ce qui me plaît surtout dans la littérature pour la jeunesse, c’est la création d’un album, parce que c’est la rencontre de deux imaginaires, c’est la petite alchimie entre l’image mentale d’un conte et ce qu’un artiste graphique va pouvoir y mettre. Je suis moins intéressé par le roman pour la jeunesse, par exemple. J’aime bien essayer de projeter des images et puis de voir ce qu’un artiste peut trouver, et je suis toujours surpris évidemment. Les premiers textes, j’étais parfois un peu déçu, parce que j’avais envie de pouvoir ouvrir la petite cage (il montre son crâne) et montrer directement les images telles que je les voyais, puis j’ai découvert, accepté vraiment un autre regard, parfois très surprenant et c’est ça qui me fascine dans le livre pour la jeunesse.

J.-P. V. : Une autre lecture, c’est ça ?

C. N. : Une autre lecture.. Quand j’écris pour les enfants, je puise dans l’enfance. Je pense qu’on ne peut pas puiser ailleurs que dans sa propre enfance, c’est pour ça qu’il y a certains de mes livres pour enfants qui sont assez réjouissants : j’ai eu la chance d’avoir une enfance heureuse. Et quand j’écris pour les adultes, évidemment je puise dans l’adolescence. Et à l’adolescence, autant j’ai aimé Rimbaud et Verlaine et Baudelaire, autant Mallarmé m’a complètement fasciné, c’est sûr. Et ensuite il y a eu le passage de Michaux, mais aussi l’influence de René Char.

J.-P. V. : C’est un peu votre génération aussi. Le Fram, par exemple, ce groupe dans lequel vous travaillez avec Karel Logist, Serge Delaive et puis quelques autres. Enfin les Liégeois, dirons-nous ; la nouvelle école liégeoise en fait, qui doit quelque chose à Jacques Izoard ... au sommet. Cette école se réclame très fort du Michaux belge. Quel Michaux, en fait ? Parce qu’on vient de voir avec la bibliographie de Michaux qu’il y a deux Michaux : il y a un Michaux qui est resté complètement belge, c’est le Michaux du début, qui joue. Dans « La nuit remue », qui n’hésite pas à utiliser des expressions comme « rouf rouf à la rouffarde ». Oui, il dit ça. Du namurois presque, en fait. Et puis il y a le Michaux qui commence à faire ses expériences, beaucoup plus, oui, plus rationnel peut-être.

C. N. : J’ai été fasciné par tous les Michaux. Le premier que j’ai découvert, c’est l’écrivain de la drogue, puisqu’à l’adolescence je me suis beaucoup questionné sur ce sujet-là. Donc, j’ai commencé par « Misérable miracle », qui n’est pas peut-être le premier livre à lire de Michaux. Et ensuite, moi j’ai été marqué aussi par ces petites proses qui ont l’air plus sages, en tout cas sur l’expression, on pense même à l’excellent étudiant des écoles jésuites de Namur qu’il fut, dans cette sorte de précision, mais dans ces textes courts, il y a toujours, dans la signification, quelque chose de perverti, dans le bon sens du terme. J’aime bien des textes qui parfois chez Michaux ont l’air assez raisonnables, mais qui ne le sont pas du tout, tant on sent derrière un profond décalage. Ce Michaux-là m’a toujours beaucoup intéressé aussi. Son sens de l’aphorisme aussi, qui est un petit peu ce qui m’a aussi fasciné par la suite chez René Char, sachant que René Char c’est un grand écrivain, mais c’est la vouivre littéraire. Si on y entre trop, il vous bouffe, il vous suce jusqu’à la moelle. Et moi j’ai eu besoin d’ailleurs un moment de…

J.-P. V. : Prendre vos distances.

C. N. : Oui, de prendre des distances et c’est notamment grâce à un poète flamand qui s’appelle Léonard Nolens qui a lu avec son regard lucide la poésie d’un francophone et m’a dit : « René Char, il faut t’en débarrasser maintenant ». Il m’a conseillé une cure d’Apollinaire, un peu comme un médecin qui vous ferait une petite ordonnance et, effectivement…

J.-P. V. : C’était pas pour l’alcool, quand même, non ?

C. N. : Une cure d’ « Alcools » (rires) ! Et une petite dose de Calligrammes pour mettre les choses en place. De fait, je suis retourné à des choses plus fondamentales et ma poésie, ces dernières années, s’est fortement métamorphosée. Je suis revenu à une poésie en vers. Moi, ce qui me fascinait, c’était les petites proses très ramassées sur elles-mêmes où on cherche un peu l’effet aphoristique. Cette hésitation entre prose et poésie, c’est quelque chose qui m’intéressait beaucoup. Mélanger aussi la part de narration. Mais j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour de ce petit tas ramassé de mots, de ces petites collections de cailloux et j’ai envie maintenant de passer à autre chose.

J.-P. V. : Ça s’appelait « Éloge de la patience » d’un côté. Ça faisait penser un peu à « La ralentie » de Michaux, justement.

C. N. : Ah, « La ralentie » de Michaux est un de mes textes préférés parce que j’y pense presque journellement. Par exemple quand je suis dans un métro ou un tram, les gens « qui vivent dans leurs souliers »… Il y a quelque chose dans le passant de « La ralentie » de Michaux. Cette introversion du personnage que l’on décrit, c’est quelque chose qui est éminemment humain et quotidien.

J.-P. V. : On ne va pas quitter le métro. Dans le métro, vous voyez les gens qui l’empruntent comme vous, les mêmes rames en fait. Et puis vous les décrivez un peu comme dans « La chambre aux miroirs » du surréaliste Paul Nougé, sauf que lui les déshabille. On ne sait jamais s’il est voyeur, s’il est médecin, s’il est un …. du village ou bien un pervers de première dans un cabinet de docteur Cagliary, mais en fait les gens arrivent, ça sent les selles, ça sent le mamelon, ça sent la pauvreté, la dérision en même temps, enfin l’humanité, quoi. Et vous, non, c’est pas ça, vous voyez des gens qui sont habillés.

C. N. : C’est vrai, au moment où j’ai commencé ce projet « Métropolitaines », j’ai pensé à Nougé, mais je n’ai pas le pouvoir, je n’ai pas ses lunettes magiques qui permettent de déshabiller les dames dans la rue, même si je revendique le côté voyeur de ce genre de livre, sachant que la curiosité est une bien belle qualité.

J.-P. V. : Je pense que ça nous appartient tous de savoir que quelqu’un en face de nous, on se demande qui il est, d’où il vient, où il va et puis qui il est dans la vie aussi, peut-être. On gamberge un peu, on rêve aussi.

C. N. : Oui, alors le projet était de décrire la femme la plus proche de moi, parce que si on la choisit évidemment c’est une autre histoire. La semaine dernière, une dame m’a écrit : « Monsieur, je crois que je suis la dame de la page 67 ». Il y a 120 femmes dans ce livre, c’est assez curieux de recevoir une lettre de quelqu’un qui s’est reconnu ou qui a pensé se reconnaître dans cette petite photographie verbale.

J.-P. V. : Elle n’a pas dit la page 69 ?

C. N. : Non, (rires) dans un métro, c’est un peu compliqué.

J.-P. V. : Alors, Carl, il y a « L’éloge de la patience » et il y a surtout « L’éloge de la candeur » aussi. Une revendication de la candeur, finalement, de l’innocence en quelque sorte, qui permet tout.

C. N. : Le mot « candeur » physiquement m’a toujours beaucoup plu…

J.-P. V. : C’est aussi le « Candide » de Voltaire.

C. N. : Voilà. Et c’est vrai que la candeur, autrefois, était plutôt synonyme d’une forme de franchise qu’une forme de naïveté. Le mot s’est un petit peu appauvri. De nos jours, un candide et un naïf sont souvent confondus alors que ce n’est pas du tout la même chose. Le naïf est un passif, c’est un peu la victime des événements et le candide, c’est celui qui n’en pense pas moins, qui a une forme de lucidité, mais qui essaie toujours d’aborder les choses avec une certaine blancheur. Et je pense que dans la vie, il faut avoir un peu cette attitude-là. Le candide peut tout à fait être quelqu’un d’assez emporté. Le naïf, pour moi, est quelqu’un qui serait introverti et le candide au contraire figure un personnage assez remuant finalement.

J.-P. V. : Oui, mais ne ferait-il pas penser à ce portrait de Watteau de « L’indifférent », c’est-à-dire qu’il ne prendrait plus position ? Est-ce que ce n’est pas peut-être une attitude de poète que de dire : « Non, vous savez, l’engagement ceci, ça n’est pas mon problème ». ?

C. N. : Ce ne serait pas du tout l’indifférence, c’est plutôt une forme de détachement. Pour le moment, je suis fasciné par les poètes chinois classiques, notamment Lu Yu dont le recueil s’intitule « Le vieil homme qui n’en fait qu’à sa guise ». J’aime bien les gens qui n’en font qu’à leur guise. Ce serait ça, ma définition.

J.-P. V. : Parlez-nous un peu de votre anglophilie, quand même.

C. N. : C’est étrange. Pour moi, c’est une particularité qui est peut-être un petit peu belge. Il est certain que, par exemple, les groupes de rock ont été connus très souvent chez nous avant d’être connus en France. La poésie anglaise est très traduite dans le monde entier et très peu à Paris. Donc il y a vraiment un problème entre la France et l’Angleterre qui est assez différent chez nous, peut-être parce que nous sommes à la frontière du monde germanique. J’ai remarqué que beaucoup de poètes belges de ma génération ont été voir un peu chez les Anglais comment ça se passait, pour le peu qu’on puisse évidemment en lire. Quelqu’un comme Ted Hughes, par exemple, a été important dans mes lectures, ou un autre poète qui s’appelle Philip Larkin.


J.-P. V. : Et alors, deux questions aussi. Dans une interview, vous dites– on sait que votre poésie est concrète, charnelle et sensuelle : « Pour écrire, il faut que je parte de moi, de mon corps, de ma vie, de mon quotidien ». Et vous affirmez cela, et puis vous ajoutez : « Ça peut paraître égocentrique, mais plus on touche quelque chose qui est intime, plus on touche les gens en profondeur » et davantage de gens, sans aucun doute.

C. N. : Une poésie qui dit « je » était très mal vue ces dernières décennies dans le sens où elle pouvait être considérée comme génératrice de clichés, mais aussi comme exaltant l’image d’un poète qui contemple son nombril comme une minuscule mare dans laquelle il se reflète. Néanmoins, je pense que se mettre à nu dans un poème est une façon de pouvoir toucher un lecteur ou une lectrice, parce qu’il y a une part de réel même abrupt dans ce qu’on a pu « sortir de soi ». J’ai vraiment l’impression que mes poèmes les plus impudiques restent parfois pudiques dans l’œil de l’autre, mais font passer quelque chose de tangible, peut-être.

Quelques regards critiques - 2006-03-22

LE MAINTIEN DU DESORDRE Le maintien du désordre est un livre aigu. L'écriture est là pour transcender la douleur d' exister. L'écriture, et en particulier(...)

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LE MAINTIEN DU DESORDRE


Le maintien du désordre est un livre aigu. L'écriture est là pour transcender la douleur d' exister. L'écriture, et en particulier celle d'écrivains comme Carl Norac, sauvera peut-être le monde.
Pierre Maury, Le Soir



DIMANCHE AUX HESPERIDES


Aisance, malice, férocité, imagination, heureuses noces entre la satire, le post-surréalisme et l’absurde vaincu. On en aime la forme accomplie. De superbes promesses.
Alain Bosquet, Le Figaro


Dessillez-vous les yeux, lisez vraiment : sous la belle couverture crème des Editions de la Différence, cette quarantaine de poèmes sont autant de bombes textuelles.
Laurent Robert, Le Carnet et les Instants


« Qui parle ? » Question majeure que pose Maurice Blanchot et qui nous interpelle, tous, poètes, écrivains et lecteurs. Lire, n’est-ce pas réécrire la lecture du monde proposée par l’auteur ? Tenter de répondre par les rites de la mise en mots est sans doute le chemin entrepris par ceux que Lawrence qualifie de « rêveurs de jour », précisant bien qu’il s’agit là d’hommes dangereux. Les poètes sont des rêveurs de jour qui n’ont pas honte de leurs bégaiements. Au cœur des ténèbres, Carl Norac, je l’atteste, est un « rêveur de jour ».
Avec Dimanche aux Hespérides, une étape supplémentaire de l’authentique voyage poétique est en train de s’accomplir. Peu importe qu’il s’agisse de la chute vertigineuse et irrémédiable, ou de l’ascension inexorable et recommencer tous les matins du monde. Désormais, nul retour en arrière ne pourra être consenti. Avec ce Dimanche aux Hespérides, le poète sait qu’il est lié à jamais avec ce temps blessé qui appelle l’origine.
Manière nouvelle de cultiver son jardin pour mieux renouer avec la pureté de « l’oiseau des origines ». Même si Carl Norac aime affirmer avec Yeats : je voudrais avoir l’ignorance de l’aube ou, avec Claire Lejeune : j’ignore de la plus pure science, d’instinct, nous savons qu’il est prêt à ravir le feu des dieux, que l’aigle des vérités révélées peut tenter de le tarauder, il détient le carquois d’Héraclès et continuera à faire flèche de tout son être pour l’honneur de l’être qui ose se poser la vraie question : « Qui parle ? »
Jacques Bourlez, Dossiers L littérature française de Belgique



LA CANDEUR


Carl Norac s’est imposé il y a deux ans avec un livre de poésie pure et dense, « Dimanche aux Hespérides » : le sens de la fable y rejoignait une sagesse asiatique aux multiples prolongements. Avec La Candeur, il nous offre deux sortes de textes : des poèmes en prose à mi-chemin du réel et de l’irréel, et des poèmes proprement dits où la féérie prend les allures d’un quotidien libéré de toutes ses lourdeurs.
Alain Bosquet, Le Figaro


Depuis la parution, en 1994, de Dimanche aux Hespérides, dont nous avons, ici même, vanté les vertus, nous savons qu'il faut tenir Carl Norac pour l'un des meilleurs poètes de chez nous. Ce que vient confirmer avec éclat la parution de son dernier recueil : La Candeur. Norac apparaît bien tel un explorateur des territoires du monde et de son perpétuel allié (ou complice) : le Verbe. Musil disait que: "Tout homme a une deuxième patrie où tout ce qu'il fait est innocent." Norac se proclame "réversible à la foule et au ban, poli d'âme et révolté de coeur". Et d'ajouter : "Je m'élève au rang de la candeur". On ne saurait imaginer plus déterminée et tenace profession de foi. Voltaire se réconcilie avec Rimbaud.
Pierre Mertens, Le Soir


Avec La Candeur, le dernier recueil de Carl Norac, c'est un caractère d'une autre trempe qui se dévoile au lecteur et lui lance ses meilleurs traits : un alliage subtil de pudeur et d'outrance, de tendresse et de révolte. La candeur est aussi une franchise, un souci de ne rien sceller de ses frayeurs ou de ses désirs, et de les transcrire sans fard, avec l'élégance du mot juste. De vers en vers, la scansion nous emporte sans la moindre peine pour mieux cogner les conformismes contre la virulence des mots crus. C'est finalement la grâce d'une oeuvre formellement impeccable, polie -en tout sens-, et néanmoins subversive.
Laurent Robert, Le Carnet et les Instants


Carl Norac wordt beschouwd als de belangrijkste Waalse dichter van dit ogenblik. Dat is niet verwonderlijk. In zijn nieuwste bundel La Candeur (1996), treedt Norac in de voetsporen van Voltaire Candide : zijn beste van alle mogelijke werelden situeert hij in een geordende chaos, een wereldbeeld dat toch nog voldoende ruimte biedt voor erupties, omdat het lyrische ik niet zomaar op een argeloze manier met de dingen converseert en zich door de taal laat overmannen. Zo blijft mijn poëzie weerbarstig en mysterieus, zoals hij het zelf in een prozagedicht formuleert....
Paul Demets, Knack


Un fauve parmi nous terrassant son ombre. Un passionné ivre de vivre, se délestant des illusions, vivant à l'arraché. Une soif mâle de vivre, la passion d'aller jusqu'au bout. Du souffle du poète se dégage l'homme lesté des icônes absurdes et encombrantes.
Gaspard Hons, Le Mensuel littéraire et poétique



LA GRANDE OURSE


Il y a du Petit Prince dans cette Grande Ourse-là. Elle quitte un jour le pays du ciel pour venir batifoler sur Terre en compagnie des baleines. Du coup, les étoiles filent à sa recherche, notre bonne vieille planète s'arrête de tourner et les voyageurs s'égarent. Quelle pagaille dans le cosmos! Menée d'un trait dansant et expressif, cette belle histoire vous dira comment la star des nuits d'été a trouvé le chemin du retour et pourquoi les enfants ont du sable dans les yeux au moment de s'endormir.
Sylvaine Olive, Lire



LES MOTS DOUX


Il n’est pas toujours facile pour un enfant d’exprimer ce qu’il ressent à son entourage. De ce point de vue, l’aventure de la petite Lola est non seulement exemplaire mais elle incitera sûrement les enfants à se libérer plus facilement de ce qu’ils ont sur le cœur. Menée tambour battant, cette histoire est bourrée d’émotion et de tendresse avec des images à faire craquer les lecteurs les plus impassibles …
Denis Cheissoux et Patrice Wolf, L’as-tu lu, mon p’tit loup ?



LE CARNET DE MONTREAL


La combustion des sens : l’humour métaphysique inouï d’un poète fascinant. Au printemps 1997, le poète belge Carl Norac a été invité en résidence d’écriture à Montréal. Avec un projet de livre en tête sur les grands espaces québécois, une profonde fascination pour la ville l’amène déjà ailleurs. Ainsi, au large des jours, il découvre à travers l’écriture poétique les rues et les quartiers de la grande métropole. Désormais, chaque prose met en scène un tableau du désir et de la solitude qu’anime l’amour intense de ce « voyeur libre ». Beaucoup plus qu’un simple vagabondage urbain, Le carnet de Montréal séduit par la profonde beauté de ses détails expressionnistes. Devant la surface énigmatique des choses, le regard lumineux d’une femme se confond au paysage étroit des ruelles. Une violence sensuelle des images s’isole pour laisser place à une langue concrète et dépouillée. Il fallait, sans doute, un poète contemporain de l’envergure de Carl Norac pour voir Montréal avec cette pertinence insoumise qui n’appartient qu’à lui.
David Cantin, Le Devoir ( le grand quotidien du Québec )



ELOGE DE LA PATIENCE


Eloge de la patience s’est écrit sur trois ans, pour essayer de toucher à l’intérieur un fil secret, une volupté de la lenteur. On y rencontre un homme, frère de l’auteur, en qui résonne le monde. Carl Norac aborde le tragique par le biais des rires. Son inventivité langagière et sémantique donne à ses poèmes une vie propre. L’humour y court à côté des larmes. Et cela donne des merveilles ; Eloge de la patience est une mine de beautés. Des beautés dures, âpres, brûlantes et vives, profondément humaines. Le rêve ultime de son auteur serait que la poésie soit danse.
Pascale Haubruge, Le Soir


Il voudrait être comme cet arbre qui durant toute sa vie s’élève vers un ciel sans mettre un genou à terre. Carl Norac brandit la volupté, la lenteur comme un lieu où vivre un temps. Pareils au volatile qu’on essayerait de tenir dans ses mains, ses poèmes nous entraînent d’un côté à l’autre, toujours surpris.
Gwenaelle Stubbe, Le carnet et les instants


Il arrive aux poètes belges de subir l’influence des modes hexagonales. Mais lorsqu’ils savent s’en détacher, ils nous apprennent que l’écriture n’est pas seulement un exercice cérébro-verbal, mais exige une mise à feu -pour ne pas dire un engagement- de l’être tout entier. Carl Norac n’a pas besoin dans Eloge de la patience de restituer à la prose une fonction poétique depuis longtemps acquise. Mais il lui confère, dans ses pièces brèves, une allègre impertinence, une désinvolture nomade, une vivacité dans l’image, jaillissante et déstabilisée, qui concourent à l’allant, à l’aloi, à la liberté ailée de cet ensemble où fable et aphorismes se conjuguent(...)Par ses subtilités infiniment nuancées, dans ces fables dont les facettes ménagent mille surprenantes fulgurations, l’écriture ordonne la dérive des apparences, des convenances de la raison. Elle met la plénitude d’un métier au service d’un refus du mimétisme et d’un écorchement vital : “J’ai extrait de moi l’homme furieux”. Fureur et mystère que cristallisait René Char trouvent ici une nouvelle illumination.
Charles Dobzynski, “Les dons de la Belgique”, Revue Europe, juillet 99.



LETTRES DU GEANT A l’ENFANT QUI PASSE


Un papa, c’est comme un géant. Et rassurant. Un papa qui regarde une fée, c’est un papa dont la fille loge dans un ventricule du cœur, c’est une grande maison, avec de l’amour à tous les étages. Carl Norac, poète, écrit à qui l’enchante. Aujourd’hui, c’est à Else. L’inspiratrice a trois ans, de grands yeux où vivent la lune, et les étoiles, et le soleil, et les animaux. Il y a toujours des animaux. Il y a toujours des animaux dans les yeux des enfants. Ce n’est donc pas un hasard si les yeux des enfants sont grands ; c’est pour contenir le monde.
Papa poète glisse des mots, comme des perles, entre les cils soyeux. Pour mieux voir. Les arbres avancent avec précaution. Le ciel penche un peu. Les mots caracolent alors, en une course délurée, puis s’accrochent aux lèvres, avec l’essoufflement de la passion. Pour mieux goûter. Le blé craquette. Il y a des pépins de poire, des queues de cerise. Carl Norac écrit des « Lettres du géant à l’enfant qui passe ». Tendre voyage intérieur où le jeune père s’avance à pas épris avec l’aisance de ceux dont l’enfance chatoyait d’amour. Un papa, c’est grand comme le monde.
Myriam Depaux, Sud presse, 2003



UN SECRET POUR GRANDIR


Et voilà un nouveau feu d'artifices de couleurs. Un secret pour grandir, qui nous arrive en français, est d'abord, au feuilletage, un plaisir de l'œil, avec ses jaunes soleil, ses carmins profonds et ses blancs de chaux qui s'accordent si bien avec la belle histoire orientalisante de Carl Norac. Salam, le héros, est un garçon si petit, si léger, qu'on se moque de lui lorsqu'il fait des projets. Bien sûr que non, il ne sera jamais grand. Bien sûr que non, il ne fera pas le tour du monde. Mais un jour, " Salam part en cachette de sa maison avec un grand sac vide. Dans ce sac, décide-t-il, je mettrai tout ce que je trouverai pour m'aider à grandir ". A ce moment, Salam est poussé par le vent qui emporte de plus en plus loin cet enfant trop léger... Entre le sac qui le tire vers le sol et le vent qui l'aspire vers le ciel, réside toute la tension de la fable. Un équilibre entre le prosaïque et le céleste, la physique et la métaphysique.
Florence Noiville, Le Monde


“ Comme toujours soucieux des tracas et des attentes des enfants, Carl Norac nous conte ce voyage initiatique avec beaucoup de poésie et de sensibilité. Un périple riche en symboles, magnifiquement illustré, qui répondra aux difficultés de grandir que tout enfant éprouve dans sa vie”.
Hebdomadaire Marianne



ZEPPO


Un album loufoque lancé à cent à l'heure. Une histoire qui déborde de fantaisie. On en sort haletants et ravis.
Sylvaine Olive, Lire



LE CARNET BLEU


Une prose souple comme le pas qui s’accorde aux paysages et aux personnes. La phrase est toujours au plus près de ce qu’elle dit, de ce qu’elle montre. En Inde ou en Afrique, au Canada ou en Belgique, le regard ne change pas. Il est le filet qui ramène une pêche miraculeuse.
Pierre Maury, Le Soir



MÉTROPOLITAINES


Carl Norac écrit du bout des yeux. Il capture l’instant, vole un visage, une attitude, un soupir, et les couche pour le lecteur en quelques phrases à cueillir pour leur rondeur aérienne, musicale. ( ...) En un rien, il immortalise l’instant, défie l’œuvre du temps, donne à voir ce que nous ne voyons plus ou si peu (...) On y lit le monde, on y lit surtout la géographie intérieure d’un homme, d’un écrivain : une façon de regarder l’autre, de l’écrire.
Martine Laval, Télérama



LE GEANT DE LA GRANDE TOUR


L'effondrement des tours résonne encore. Une fable sensible répond aux médias.
Outre les pastels intéressants et parfois sombres de Ingrid Godon, Le Géant de la grande tour, aux résonances profondes, séduit surtout par sa trame narrative pleine de sens et de douceur malgré la cruauté dénoncée.
Laurence Bertels, La Libre Belgique